ARTICLE DE LA SEMAINE

L’impartialité au cœur de l’autorité du juge - Approches philosophiques
par Julie Allard
Paru dans "Les cahiers de la justice"
du 10 Décembre 2020

L’autorité du juge est souvent menacée par la subjectivité des décisions rendues, auquel on oppose un impératif d’impartialité. Du point de vue philosophique, l’impartialité, liée à la position tierce du juge, est perçue comme sa capacité à mettre entre parenthèse sa subjectivité, ses opinions et convictions personnelles, ses sentiments et ses affects, qui pourraient influencer de manière arbitraire sa décision. Cette impartialité est conçue par la tradition rationaliste comme une distance avec le corps et ses fragilités : il s’agit de juger en pur esprit (Platon) ou en être inanimé (Montesquieu). Deux traditions contestent cette conception de l’impartialité : selon les empiristes, aucun jugement n’est possible en surplomb, sans affect ni émotion (Hume) ; selon les sceptiques, la prétendue impartialité du juge est un rideau de fumée qui cache le pouvoir des juges et surtout, l’arbitraire de leurs décisions (Montaigne). Les penseurs contemporains comme Hannah Arendt tentent de concilier l’impératif de rationalité et le recours aux sentiments et à l’imagination pour bien juger, et aboutissent ainsi à une notion d’impartialité qui n’est pas ontologique, mais conçue comme un retour critique sur soi.

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